19/10/2016

"Fuocoammare" de Gianfranco Rosi

Fuocoammare, Gianfranco Rosi, cinéma, italien, berlinale, ours d'orLa mer. Cette étendue indomptable, cette immensité capricieuse dont l’écho rythmé prend la cadence de l’espoir et bat les flancs des terres avec la même fougue que le cœur d’un homme. La mer, ce Rubicon infranchissable entre l’Europe et l’Afrique pour des milliers de migrants, prêts à affronter l’imprévisible au péril de leur vie. Les garde-côtes italiens en sont quotidiennement les témoins.

Le documentaire de Gianfranco Rosi, récipiendaire de l'Ours d’or à la Berlinale 2016, présente, dans une mise en scène en triptyque contrasté, l’afflux de réfugiés qui gagnent la petite île de Lampedusa, avec ces six mille habitants, ses falaises escarpées et son plateau désertique et rocailleux. Un lieu, deux mondes parallèles.

Le petit Samuele, fils de pêcheur, occupe ses journées au gré de son imagination, débordante de vitalité et d’innocence quand il confie secrètement à un ami que pour concevoir une fronde « il faut de la passion ». Puis, des appels au secours par messages radiophoniques à peine audibles, les cris d’âmes en perdition, en proie à une chaleur suffocante, congestionnés dans un rafiot comme dans une véritable tombe à ciel ouvert, comme dans un certain camp.  Et encore cette mer qui encercle, prête à engloutir. Entre Samuele, sujet pensant, à l’écoute de son corps et de la nature, avec ses préoccupations quotidiennes, et ses rescapés de l’enfer terrestre, il n’y a qu’un fil : ils s’effleurent sans se voir.

18:45 Publié dans Cinéma | Tags : gianfranco, rosi, fuocoammare, cinéma, italien, migrants, samuele, grütli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it!